Articles tagués : logement social


juin 03 2010

Pistes pour un vieillissement réussi à domicile

Voici un article paru dans Libération jeudi 3 juin 2010.

Le chiffre surprend: 85% des personnes de plus de 90 ans vivent chez elles, alors qu’à leur âge, on les imagine en maison de retraite ou dans des structures spécialisées. Il prédomine chez les gens âgés une aspiration profonde à « vieillir à domicile », pointe un rapport (1) remis hier au secrétaire d’État au logement, Benoist Apparu, et à sa collègue, Nora Berra, en charge des Aînés au sein du gouvernement. Mais rester chez soi comporte des risques: 9 600 personnes âgées meurent chaque année des conséquences d’un accident domestique, et on compte pas moins de 125 000 hospitalisations, dues souvent à des chutes. Le rapport porte précisément sur la question de l’adaptation de l’habitat au vieillissement. Il liste douze propositions, notamment sur l’évaluation des risques, les aménagements nécessaires à l’intérieur des logements comme dans les parties communes des immeubles, et donne des pistes afin de mobiliser des financements pour faire face aux coûts des travaux. T.S.

(1) Bien vieillir à domicile. Enjeux d’habitat, enjeux de territoires, par Muriel Boulmier.


avr 29 2010

Question parlementaire sur l’habitat intergénérationnel

Je suis heureuse de constater que mon rapport ait été expressément visé dans la réponse faite à l’Assemblée Nationale par le Gouvernement. La question du vieillissement dans l’habitat devient un sujet dont les élus se préoccupent de plus en plus.

Des références plus précises permettraient cependant aux non-initiés d’approfondir le sujet.

L’habitat intergénérationnel peut prendre plusieurs formes, je vous invite à les découvrir…dans le rapport du 7 octobre 2009 !

Question N° : 51071
de M. Éric Raoult (Union pour un Mouvement Populaire / Seine-Saint-Denis)
posée le 2 juin 2009 à Madame la Ministre du Logement Christine Boutin

Question
M. Éric Raoult attire l’attention de Mme la ministre du logement sur l’intérêt du développement de l’habitat intergénérationnel dans nos villes. En effet, à l’occasion du lancement à Chambéry, par l’OPAC de la Savoie, des 36 logements des « Jardins du temps », il a été rappelé à l’opinion, notamment dans le logement social, que pour éviter le placement en maison de retraite des personnes âgées, leur maintien dans un environnement familial était plus que souhaitable. Cette expérience est très intéressante, car elle permet la cohérence de la famille et des économies dans la réalisation de logements sociaux dans des secteurs urbanisés. Cette réalisation mériterait d’être étudiée par ses services, puis modélisée et enfin soumise aux élus locaux, notamment à ceux qui ont des projets de construction de logements sociaux. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur ce dossier.

Réponse
Le Gouvernement partage l’objectif de favoriser la mixité intergénérationnelle au sein de l’habitat. Pour cela, l’État apporte son soutien financier aux programmes neufs d’opérations diversifiées de logement qui disposent d’aménagements spécifiques répondant aux besoins de la population vieillissante. Le programme de logements intergénérationnels réalisé par l’OPAC de Savoie sur la ville de Chambéry est un bon exemple qu’il s’agit de poursuivre. En effet, il est important de soutenir les programmes mixant les générations évitant ainsi toute forme de ségrégation. Outre ce soutien financier apporté au développement de ces projets, des modifications législatives ont été apportées dernièrement afin de sécuriser juridiquement ces montages d’opérations. Ainsi, la loi n° 2009-323 de mobilisation pour le logement et la lutte contre les exclusions du 25 mars 2009 est venue compléter les dispositions en vigueur sur les projets d’habitat intermédiaire, dédiés aux personnes âgées. Les organismes spécialisés dans la prise en charge de ces personnes, tels que les associations, les collectivités locales et les établissements publics, peuvent désormais devenir locataires du parc HLM afin de développer des programmes d’accueil familial ou spécifiques. La gestion dans la durée de ce type de logements en est facilitée. En outre, l’article 61 de la loi précitée encourage la mixité intergénérationnelle en permettant à tout locataire du parc HLM de sous-louer une partie de son logement à une personne de moins de trente ans. Elle vise ainsi les personnes âgées, locataires de grands logements, qui peuvent proposer un logement à des personnes plus jeunes. Par ailleurs, pour favoriser la prise en compte du vieillissement dans l’habitat, un rapport a été remis au Gouvernement le 7 octobre 2009, qui réaffirme cet objectif de mixité intergénérationnelle. Il s’agit d’encourager les opérateurs dans ce sens, que ce soit dans les programmes de construction neuve mais aussi dans la rénovation du parc. Ainsi, l’ensemble des dispositifs financiers, juridiques et des travaux menés sur ce thème doit renforcer l’objectif partagé d’une bonne cohabitation des générations au sein de la cité.

Question publiée au JO le : 02/06/2009 page : 5270
Réponse publiée au JO le : 09/02/2010 page : 1464
Date de changement d’attribution : 26/01/2010


oct 03 2009

Rapport sur l’Habitat et le Vieillissement

La campagne des élections européennes s’est terminée en mai 2009, et depuis, je n’ai pas été active sur mon blog. En revanche, j’ai été très occupée par la mission ministérielle qui ma été confiée par Christine Boutin en mars dernier. Et aujourd’hui, me revoilà dans la blogosphère pour partager avec vous mon travail et échanger à ce propos.

Le rapport que je vais rendre dans les jours qui viennent à Benoist Apparu, Secrétaire d’État au Logement et à l’Urbanisme, a pour objet l’adaptation de l’habitat au défit de l’évolution démographique. Ce travail s’organise autour de deux axes, le premier étant un état des lieux sur les enjeux du défi démographique pour l’habitat dans un contexte de vieillissement de la population française. Le second axe étant une présentation des pistes innovantes opérationnelles qui répondent aux exigences de cohésion sociale et territoriales.

Pour mieux comprendre et cerner les enjeux du logement aujourd’hui, je vous propose ci-dessous un extrait du discours de Benoist Apparu du 17 septembre 2009 lors du Congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat à Toulouse.

Ces priorités, quelles sont-elles ?

- C’est enfin mettre la personne au cœur de la politique de logement.

La dernière orientation que je souhaite aborder c’est la priorité absolue à la personne et à ses besoins, qui doit être replacée au coeur de notre politique du logement social. Le parc social doit bien sûr accueillir prioritairement les plus défavorisés. Mais il doit permettre aussi aux jeunes actifs d’y commencer leur parcours résidentiel.

Nous sommes passés, au cours de cette dernière décennie, d’une politique du logement globale à une politique de l’habitat définie au niveau des bassins de vie. Nous devons désormais, ensemble, prendre en compte les besoins et les aspirations de nos concitoyens.

Aux questions : combien construire et où construire ; nous devons ajouter celles-ci : pour qui construire ? Comment construire ?
De nouvelles problématiques s’offrent à nous.

Elles résultent d’évolutions de fond de notre société. La population française vieillit. Depuis presque 20 ans, l’espérance de vie progresse d’un trimestre tous les ans. L’évolution des modes de vie influe sur la taille des ménages qui diminue, elle renforce la demande de logement en provenance des jeunes.
Elles sont à l’image d’une société qui a soif de justice, de valeurs – je pense à l’accessibilité aux personnes handicapées, domaine dans lequel la France s’est dotée d’objectifs très ambitieux. Je pense au droit au logement opposable. Les plus fragiles requièrent toute notre attention.

Quels types de logements devons-nous imaginer pour répondre à ces nouveaux enjeux sociaux ?

Un certain nombre de bailleurs sociaux se sont déjà engagés dans le défi de l’adaptation de l’habitat au vieillissement. Ces initiatives ont un caractère exemplaire. J’entends que nous puissions les promouvoir.

Favoriser le logement intergénérationnel peut être un des moyens d’accompagner le vieillissement. La loi du 25 mars 2009 la sous – location dans le parc social. Je souhaite que les organismes se saisissent de cette opportunité. Nous nous emploierons parallèlement à sécuriser les règles juridiques et fiscales pour en faciliter le développement. C’est en effet une solution possible pour le logement pour des jeunes.

La possibilité de collocation entre étudiants dans le parc social a également été introduite.

Je souhaite que le parc social s’engage sur cette mesure pour voir concrètement comment elle peut être mise en œuvre en relation avec les universités. J’ai évoqué récemment ce sujet avec Valérie Pécresse.

Vous pouvez retrouver l’intégralité du discours : http://discours.vie-publique.fr/notices/093002579.html


fév 10 2009

L’Europe doit être un partage

Depuis dix ans, je travaille régulièrement dans le cadre de partenariats ou de mandats professionnels européens, dans les secteurs d’activités qui sont les miens et notamment celui du logement social.

Travailler avec les autres pays m’a appris à relativiser, à enrichir mes positions. J’y ai trouvé des points d’appui pour monter des projets directement applicables à Agen et au Lot-et-Garonne.

Il est bien difficile de rentrer dans le langage de l’Europe. J’ai tellement galéré à ce sujet que j’ai fini par me décider à écrire, en partenariat avec Stéphane Rodriguez (un professeur de la Sorbonne), un livre qui essaie de rendre accessible à tous le langage européen en l’illustrant par la question du logement.

9782110067838_GF

Ce petit ouvrage est atypique et d’un intérêt tout particulier. Il devrait même s’avérer très précieux, voire carrément providentiel, pour tous ceux qui, actifs dans l’économie solidaire, aimeraient se faire entendre dans la sphère européenne mais y renoncent car effrayés par la terra incognita des institutions et des processus décisionnels de l’Union. En l’occurrence, les auteurs l’ont conçu en pensant spécifiquement aux entreprises sociales pour l’habitat afin qu’elles se sentent, ainsi que l’écrit Muriel Boulmier dans son avant-propos, enfin “chez elles dans une Union européenne tout à la fois soucieuse de l’esprit d’entreprise et porteuse de solidarité économique, sociale et territoriale”. A l’évidence, ces pages qui visent à “démystifier et dédramatiser l’image communautaire” pourront être lues avec tout autant de profit par bien d’autres acteurs économiques de la solidarité sociale, ce qui comblera d’aise les auteurs qui, par ce beau travail, ont fait aussi œuvre de militants: “A l’heure où un vrai débat se noue, dans les enceintes communautaires, sur l’avenir des services publics et des services d’intérêt général en Europe”, écrivent-ils notamment dans leur conclusion, “il est temps que celles et ceux qui en incarnent une vision modernisée et adaptée aux contraintes de la compétitivité (…) se fassent entendre non seulement pour y apporter leur contribution, mais également pour en tirer un juste retour.(extrait du bulletin européen du Moniteur)

Où trouver ce livre : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110067838/

Lien vers un Podcast de la conférence donnée à la librairie Mollat de Bordeaux lors du lancement du livre : http://www.mollat.com/rendez-vous/muriel_boulmier_et_stephane_rodriguez-8003.html


fév 10 2009

Mon travail au Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine

haut

Depuis 2001, je suis au bureau du Conseil Économique et Social d’Aquitaine. Cette instance rassemble des représentants de la société civile de toute l’Aquitaine. Après avoir été désignée par le Préfet de Région en tant que “personnalité qualifiée”, je siège comme vice présidente depuis 2008 au titre des organismes de logement social.

La commission que je préside travaille sur le cadre de vie et les solidarités. En ce moment, nous planchons sur le thème du tourisme d’affaires, qui est un vrai enjeu pour l’Aquitaine. Nous entendons des acteurs et des experts, un rapport est en cours de rédaction avec des préconisation. Il sera ensuite voté par l’assemblée et rendu public. Le Conseil Régional, les élus locaux et les acteurs du secteur pourront s’appuyer sur ce travail.

En 2003, j’avais été rapporteur d’un travail sur le Sida en Aquitaine. Cette expérience m’a beaucoup marquée, aussi bien en raison du sujet que de la diversité des interlocuteurs rencontrés, dont la parole m’a souvent touchée.

On peut lire ce rapport (comme tous ceux de mes collègues) sur le site du CESR ou via le lien suivant : http://cesr-aquitaine.fr/informations/avisrapports/rapports/2003/juillet_2003/sida/rapport/sommaire.html

sida-juillet-2003