Le vieillissement démographique : une révolution silencieuse
Sous le double effet de la baisse de la fécondité, continue depuis le 19e siècle1, qui correspond à un « vieillissement par le bas de la pyramide », et d’une baisse significative de la mortalité (hygiène de vie, qualité et quantité des soins, amélioration des conditions de travail et progrès de la médecine), qui correspond à un « vieillissement par le haut », la population française vieillit.
Entre 1950 et 2000, le calendrier humain s’est considérablement modifié. L’espérance de vie à 60 ans, qui était en 1950 de trois ans pour les hommes et huit ans pour les femmes, est aujourd’hui de vingt-deux ans pour les hommes et vingt-sept ans pour les femmes2. Depuis presque vingt ans, l’espérance de vie progresse d’un trimestre tous les ans3.
Les projections démographiques de l’INSEE4 de 2005 prévoient ainsi entre 2000 et 2050 un quasi-doublement du nombre des personnes de plus de 65 ans, alors que l’ensemble de la population n’augmenterait que de 9 %. Quant aux plus de 75 ans, leur nombre serait triplé (quadruplé pour les plus de 85 ans).
Pour donner corps au pourcentage, cela signifie que la France comptera en 2030, 20 millions de personnes de plus de 60 ans et 15 millions de moins de 20 ans. C’est-à-dire qu’en 2030, la France comptera 7 millions supplémentaires de personnes âgées de plus de 60 ans par rapport à 2005.
Cette progression spectaculaire s’observe de la même manière chez les plus de 75 ans et les plus de 85 ans.
A titre d’illustration, la projection à 30 ans donne plus de 4 millions de personnes de plus de 85 ans en France. En terme de logement, cela représente autant que la totalité du parc USH-HLM5, à ce jour.
Nous voici donc confrontés à une transformation silencieuse de notre société, renforcée par l’arrivée à l’âge de la retraite des premières générations du baby-boom, dont les modes de vie conjugale, familiale, voire professionnelle induiront une évolution des comportements résidentiels.
La question qui se pose alors est celle de la dépendance6
. La durée de vie en situation de dépendance va-t-elle s’accroître moins vite, à égalité ou plus vite que l’espérance de vie ? Selon les trois scénarios envisagés par l’INSEE7, le nombre de personnes dépendantes augmentera pour atteindre en 2040 1,0, 1,2 ou 1,5 millions de personnes. L’écart d’augmentation a de quoi rendre perplexe : de 18 à 84 % ! Le rôle de la prévention sera donc déterminant pour déplacer le curseur : les besoins d’adaptation des logements seront considérables. A défaut d’aménager les logements, ce serait 115 000 places d’hébergement qu’il faudrait offrir8 à même horizon.
Dans les trois cas, le taux de dépendance à un âge donné diminuera par rapport à ce qu’il est actuellement. Le temps de vie sans incapacité après la retraite devrait donc s’accroître, avec un âge moyen des personnes dépendantes passant pour les hommes de 78,5 ans en 2000 à 84,5 ans en 2040 et pour les femmes de 83 à 88 ans selon le scénario intermédiaire.
Il convient donc de s’affranchir de la construction sociale de l’après-guerre liée aux trois étapes de la vie : la jeunesse, celle de l’apprentissage et de la formation, l’âge adulte, celle du temps de travail, la vieillesse, celle de la retraite. Les temps individuels et familiaux étaient « calés » sur ces trois temps des sociétés industrielles.
L’âge de la retraite, donc de l’inactivité professionnelle, est maintenant bien différent de l’âge de la dégradation de la santé ; s’en tenir là serait figer l’image du vieillissement au milieu du 20e siècle.
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Anonyme :
le 13 février 2010 à 10 h 37 min
les chiffres ne sont qu une indication de tendance dans un espace déterminé… quand sera t’il dans les classes « smic » stress, pénibilitée etc
et quand on sait ce qui se prepare pour recuperer l’apa sur les succesions y compris sur les handicapés…cela nous laisse penser qu une mortalitée nouvelle verra le jour .
Nos chers élus plus soucieux de leurs cumuls des mandats: 1 deputes et senateurs sur deux cumul…plutot que de demander aux petites gens des efforts suplementaires….Preconisez un baisse de 20% des salaires de nos édils =5.000 000 d euros de gagner par ans pour la collectivité. voila qui aurait du panache !!!!