E – L’habitat intergénérationnel peut-il être une alternative ?

L’ambition de mettre en « marche » l’intergénérationnel se retrouve aussi bien dans le Plan Bien Vieillir que dans celui sur les services à la personne : les préoccupations politiques y trouvent des solutions, l’habitat y participe.

L’intergénérationnel est une ambition légitime pour les soutiens familiaux, qu’ils soient immatériels (garde d’enfants par ex.) ou matériels (transferts patrimoniaux et financiers).

Le développement de l’apport intergénérationnel de l’habitat est tributaire des possibilités réglementaires.

Dans l’entretien avec Serge GUERIN, sociologue spécialiste du vieillissement, « l’habitat intergénérationnel partagé » a été évoqué.

Ce qui différencie un habitat partagé (co-location estudiantine, par exemple) d’un habitat intergénérationnel partagé (cohabitation entre des générations différentes), ce sont les différences de mode de vie.

Selon lui, ce concept est intéressant. Sa mise en application implique une convergence bien comprise entre les attentes des personnes âgées et des locataires. En d’autres termes, les meilleures chances de réussite seront réunies dès lors que les binômes rassemblent des personnes aux conventions sociales communes. Il s’agit donc d’un mode d’habitat seulement complémentaire à d’autres.

L’ouverture de l’habitat partagé au parc social par la loi Boutin (25 mars 2009) est une excellente initiative en raison notamment de la paupérisation croissante des personnes âgées, mais aussi d’un champ du possible ouvert pour ramener à des données objectives l’idée répandue du grand logement sous-occupé par des personnes âgées, dans le parc social.

A la question posée par IPSOS pour « Pleine Vie », 46 % des seniors affirment pouvoir envisager de partager leur logement avec des jeunes mais seulement 5 % sont disposés à le faire. Ce pourcentage décroit avec l’âge.

La cohabitation intergénérationnelle familiale avec les générations les plus anciennes a beaucoup régressé avec la disparition des « co-résidences de toujours » liées aux coopérations professionnelles familiales (agriculture, artisanat, commerce pour l’essentiel). La tendance est de préserver l’indépendance à domicile, même si la proximité géographique reste importante.

Le sondage IPSOS (annexe 2-4) de mars 2009 sur les seniors et l’habitat montre que 1/3 des plus de 60 ans ont le projet de déménager et le réalisent (âge et revenus sont les deux variables). Mais le déménagement a pour cause essentielle le rapprochement des enfants ou des proches, puis l’aspect pratique et adapté du logement (sans cohabitation).

Ceci est une constante observée dans les pays d’Europe (Espagne, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne).

La tendance du retour au domicile des vieux parents, des enfants adultes en rupture conjugale ou professionnelle, est sensible en Grande-Bretagne (prix et pénurie de logements abordables).

Les échanges familiaux (liés aussi à des soutiens financiers importants des personnes âgées à leurs petits enfants) ont un impact sur la proximité géographique des habitants.

Mais au-delà de la solidarité familiale, se pose le problème du logement des jeunes en ville, près des centres de formation ou universitaire, de zones pépinières d’entreprises.

Il convient d’examiner l’habitat partagé et l’habitat aménagé.

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