4)La mobilisation des solidarités de proximité par les collectivités
Les « Logements bleus » de Nantes sont l’illustration d’une coopération entre une collectivité, la Ville de Nantes, et un bailleur social, Nantes Habitat. Les locataires âgés de ces logements adaptés se voient offrir des services facilitant le maintien à domicile en fonction de leurs besoins (aide à domicile, portage de repas, téléassistance, soins infirmiers…). La Direction des Personnes Agées de la ville de Nantes reçoit les demandes pour ces logements bleus et les traite. Les options retenues en matière de services par le CCAS de Nantes sont les suivantes : les services physiologiques relèvent du monde marchand et d’une relation directe du locataire avec un prestataire, les services ayant trait au lien social, au vivre ensemble, sont traités par le CCAS par l’intermédiaire d’un réseau de bénévoles qu’il forme et encadre.
Le Havre
Partant de grands constats concernant la population âgée de la ville – augmentation de cette population, accroissement des situations précaires de ces tranches d’âge, (44 % des plus de 60 ans disposent de moins de 684 €/mois), diminution et vieillissement des aidants naturels – la Municipalité du Havre a défini les grandes orientations d’une politique « personnes âgées » pour la période 2009-24 afin que cette politique puisse réellement être mise en œuvre de façon transversale.
La précarité des propriétaires occupants dans le centre ville est une donnée préoccupante. Ils habitent des logements très inconfortables et ne sont pas solvables pour les entretenir ou les adapter. La seule solution pour eux est de vendre et d’intégrer le parc social qui compte déjà près de 30 % de plus de 60 ans (annexe 3.17).
La ville organise un comité de pilotage des élus pour le travail transversal entre les différentes directions concernées par le vieillissement (sport, culture …) en s’appuyant sur le CCAS.
Celui-ci ne pouvant pas apporter seul les réponses, la coordination est renforcée et formalisée avec les différents partenaires grâce à la création d’un comité technique, calqué sur le modèle du comité de pilotage, à la mise en place de groupes de travail thématiques, la recherche de nouveaux modes de coopération avec les médecins dans le cadre du réseau gérontologique ou encore une plus forte contractualisation des relations avec les associations bénéficiant d’un soutien financier de la ville (associations dédiées, centres sociaux). Une Charte de référence est rédigée. Un salon des seniors permettra de valoriser les actions et les acteurs intervenant dans le champ du 3ème âge. La transversalité est organisée également avec les autres institutions comme le Conseil Général, la DDASS1, la CRAM2.
Les publics les plus vulnérables sont traités en priorité, notamment avec la mise en place d’une tarification sociale adaptée pour certaines prestations (sorties, loisirs, …).
L’adjointe aux personnes âgées a mentionné l’arrivée à la retraite de personnes à professions disparates, avec des carrières interrompues par des périodes de chômage ou de longues périodes pendant lesquelles les seules ressources ont été des prestations sociales.
L’objectif est de recréer un lien social autour du 3éme âge au cœur des quartiers. Les structures existantes comme les Clubs des Ainés, les RPA3, les SAM4, … sont appelées à devenir des lieux ressources de proximité pour les personnes âgées. Ce maillage du territoire est complété par la création « d’espaces information CLIC » de proximité dans certaines structures. La restauration et les animations en RPA sont ouverts aux retraités du quartier, tandis que les activités de prévention comme la gymnastique douce, les ateliers mémoire, la prévention des chutes, l’utilisation des technologies de la communication sont élargies en partenariat avec la CRAM notamment.
Une expérimentation sera conduite dans un quartier sur la mise en place de référents 3ème âge, puis étendue à certains quartiers prioritaires.
Les solidarités de proximité seront valorisées avec la recherche de nouvelles formes de bénévolats de proximité pour épauler les aidants et valoriser l’implication des « seniors actifs ». Ecoles et centres de loisirs seront par ailleurs mobilisés pour développer des actions intergénérationnelles.
Autre axe de cette politique « personnes âgées », la Ville s’engage à renforcer et même adapter les services à une population vieillissante. Une étude est prévue, portant sur l’adéquation entre les besoins en terme d’animation destinée aux retraités, personnes âgées et l’offre apportée par le CCAS, la Ville et le dispositif expérimental de nouveaux services utilisant des technologies avancées favorisant le maintien à domicile. Des aides à la mobilité devraient se développer en s’appuyant sur le réseau de transports publics.
Le message de la ville est que les personnes âgées sont une source d’emplois professionnalisés qui allient le savoir-faire au savoir-être.
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