3)Des services proposés en coordination avec d’autres partenaires

    Au-delà des offres globales d’habitat, de plus en plus de partenariats se développent entre les bailleurs ou constructeurs et les organismes offrant ces services d’accompagnement aux personnes âgées. Ces partenariats permettent de proposer des services de proximité aux personnes âgées qui conservent la liberté de choix.

    Les Quartiers de Seniors par exemple ne fournissent pas eux-mêmes de services, mais peuvent mettre en contact les locataires qui le souhaitent avec des prestataires extérieurs. Ils choisissent alors les services qui leur conviennent en toute liberté et à leur charge. Ce dispositif ouvert permet également aux services sociaux de la commune d’intervenir.

    Autre exemple, le constructeur Haut Doubs Créer Bâtir a mené une réflexion commune avec un prestataire de services, l’ADMR, pour intégrer un « pack de services » au projet de maison adaptée seniors. Les services proposés sont divers : service de soutien à domicile des personnes âgées (ménage, linge, courses…), service de portage de repas, service de téléassistance, service d’aide à la mobilité par transport accompagné, service d’animations (actions de prévention, d’information et de formation, moments d’échanges et de convivialité). Il s’agit d’une offre optionnelle et sur mesure, avec possibilité de négocier un tarif préférentiel, pour des personnes âgées souhaitant accéder à la propriété d’une maison individuelle en milieu rural.

    Pour les EPL1 qui ont une activité dans l’habitat, la production de logements adaptés est réalisée à la demande des élus territoriaux. L’EPL est maître d’ouvrage et conserve la propriété et la gestion, tandis que le CCAS organise les services de proximité (animation, portage de repas si nécessaire) et notamment, en zone rurale, l’organisation de la tournée des médecins. La réflexion a été structurée au sein de la Fédération Nationale des EPL avec la création d’une commission regroupant les EPL qui exploitent les services d’intérêt général, chargée de s’intéresser à la génération pivot des 60-75 ans.

    En contact quotidien avec les locataires, les bailleurs sociaux favorisent leur mise en relation avec les partenariats locaux. Ils contribuent à organiser les coopérations sur les territoires dans deux perspectives : d’une part, le lien social et la lutte contre l’isolement, d’autre part les services à la personne et les soins.

    Plurihabitat-L’effort Rémois a mis sur pied en 2006 un dispositif pour les personnes en couple de plus de 70 ans et les personnes seules de plus de 65 ans : « Habitat et service des ainés ». Il vise à leur apporter un service d’écoute, de disponibilité et d’accompagnement pour faciliter d’une part, leur quotidien et d’autre part, adapter leur espace de vie en fonction de leur état physique et de leurs exigences. Un ouvrier polyvalent est affecté à temps partiel à ce service. Une personne, « référent » pour les locataires et les acteurs locaux, est également présente. Ce service propose aux locataires âgés, cinq actions concrètes expliquées dans le guide qui leur est distribué.

    Il est intéressant de noter dans cet exemple que le bailleur social, outre les petits travaux de bricolage que peut réaliser l’ouvrier polyvalent en interne, ne se substitue pas aux acteurs spécialisés, mais sert d’interface entre les locataires âgés et les partenaires locaux comme l’ARADOPA, l’Association régionale de l’aide à la personne. Il crée le lien qui permet de faire entrer le service dans l’espace privé.

      Les bailleurs favorisent l’implantation de services à proximité de leurs locataires, services d’aide à la vie quotidienne, services d’animation par la mise en place de locaux en pied d’immeuble. A Paris 14ème, par exemple, à l’occasion d’une réhabilitation, trois bailleurs sociaux, ont réalisé une enquête auprès des locataires qui leur a permis d’identifier les besoins de travaux d’adaptation au vieillissement. L’enquête ayant fait apparaître des attentes en matière de services (dépannage, réalisation de petits travaux de bricolage, aide aux démarches administratives, etc..), les organismes se sont rapprochés de « Point Paris Emeraude » pour étudier les réponses à apporter à ces besoins. Différentes options sont envisagées parmi lesquelles la mise en place d’un lieu d’animation dans un local au sein de l’îlot concerné.

    Les organismes HLM signent des conventions avec des partenaires prévoyant une intervention privilégiée (en terme de modalités ou de coût) au bénéfice de leurs locataires. Cette contractualisation peut porter sur des interventions liées au logement (petits services comme le changement d’ampoules, la pose d’étagères, ou de tringles à rideaux). Elle peut également porter sur les services à la personne : ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre du label HSS, le Toit Angevin a-t-il confié à la plateforme locale de services « Anjou Domicile », la mission d’orienter les locataires âgés qui s’adresseraient à elle. Le Toit Angevin rémunère la plateforme qui conseille les personnes, fait le lien entre le locataire et le prestataire, missionne le prestataire, suit la mise en œuvre de la prestation. Cette mission est facturée à l’organisme. Les locataires financent les services et sont solvabilisés en fonction de leur situation par l’APA, les caisses de retraite, etc…

    1 Entreprise Publique Locale (autrefois SEM) annexe 3-12

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