2) Des petits aménagements aux travaux : plusieurs niveaux d’adaptation
Tous les logements habités par des personnes âgées ne nécessitent pas une réhabilitation complète par des travaux lourds d’adaptation.
Parmi les risques relevés dans la grille d’évaluation de la sécurité du domicile élaborée par Familles Rurales (annexe 3-11), qui figurent aussi dans le livre blanc de la Commission de sécurité des Consommateurs, certains peuvent être écartés très facilement et sans travaux, donc sans coût : fixer les tapis sur le sol, éviter les descentes de lit, fixer les fils électriques au mur ou utiliser des ranges-fil, ranger à portée de main les objets souvent utilisés, augmenter la puissance des ampoules …
Au-delà de ces quelques solutions de bon sens, des petits bricolages supplémentaires (relevant du plan de développement des services à la personne et des compétences artisanales) peuvent remédier à certaines autres difficultés : réparer les défauts des revêtements de sol (descellement de carrelage, décollement de moquette, barre de seuil mal fixée …), placer une barre d’appui dans les toilettes, etc …
Ces petites adaptations sont d’ailleurs souvent plus facilement acceptées des personnes âgées réticentes à introduire des éléments qui bouleversent trop leur environnement. Paul JOLY1, explique que, dans une situation où le remplacement de la baignoire par une douche n’était pas possible car psychologiquement mal accepté par la personne âgée, il a choisi de faire travailler une entreprise produisant des peintures antidérapantes pour revêtement de piscine, pour recouvrir l’ensemble de la surface au sol de la salle d’eau y compris la baignoire.
Ces solutions sont d’autant plus efficaces qu’un avis technique préalable est sollicité : à défaut, la meilleure idée peut s’avérer source d’un risque plus grand.
L’idéal à atteindre, avec le secours d’une ingénierie forte et organisée, serait de saisir chaque opportunité, à l’occasion :
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des travaux d’entretien : un cahier des charges prescrit les matériaux adaptés en remplacement des anciens équipements (robinets mitigeurs, revêtements de sol non glissants et non brillants, peinture claire sur les portes car toute personne se dirige naturellement vers la lumière, etc …),
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des grandes opérations de rénovation : concevoir, dès le projet, les adaptations pour le même coût et prévoir l’adaptabilité future,
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de la vacance d’un logement : l’adapter avant la relocation si l’environnement est propice à accueillir des personnes âgées.
Il s’agit là d’un objectif affiché, difficile à atteindre, mais la démarche doit être encouragée.
L’anticipation est préventive, elle évite l’urgence au moment de la crise (chute …).
Pour les travaux spécifiques d’adaptation, c’est-à-dire ceux entrepris dans le but de répondre aux besoins des personnes âgées, l’aménagement le plus fréquemment réalisé est celui de la salle d’eau, avec le remplacement de la baignoire par une douche à l’italienne (ou à siphon de sol). L’ampleur des travaux dépendra de la nécessité et de la capacité de financement.
Ces différents exemples montrent donc que l’éventail des solutions pour répondre aux besoins des personnes vieillissantes dans l’existant est large et qu’une partie est financièrement abordable pour le plus grand nombre.
Les moyens d’action financiers, décisionnels et organisationnels pour entreprendre ces travaux sont différents cependant entre le parc privé et le parc social.
Il convient de réaffirmer que traiter le logement n’est pas suffisant si l’espace collectif à partager et l’espace public ne permettent pas l’accessibilité.
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