I – Les enjeux du défi démographique pour l’habitat
- A - les domiciles : les chantiers de l'adaptation
- B - Les revenus : vers la fin d'une parenthèse heureuse
- C - Les risques : la prévention de la fragilité
- D - De la vieillesse au vieillissement : construire la coordination
- E - L’adaptation de l'habitat : un gisement d'activités et d'emplois à valoriser
- F - A l’exposé des enjeux, multiples, une question reste en suspens : à quel âge « on est vieux ? ».
L’allongement de la durée de la vie est répertorié comme l’un des enjeux des sociétés contemporaines. Une génération intermédiaire se crée et se structure entre la cessation d’activité et la vieillesse qui n’apparaît qu’au grand âge.
Comme surpris par cette tendance sociodémographique, les pays européens tardent à adapter leurs politiques, centrées sur la gérontologie et ses prolongements sanitaires.
Cependant l’observation force à constater que vieillir n’est plus synonyme de dépendance ou de handicap. C’est pourquoi plusieurs rapports insistent sur l’effet néfaste pour la prévention, du cloisonnement des acteurs entre santé et médico-social d’une part et acteurs de l’habitat, d’autre part.
Une tension se crée entre les différents champs de la protection sociale : la retraite, le traitement des risques (maladie, vieillesse), les politiques de l’habitat (actuellement insuffisantes pour permettre un traitement de masse), les politiques d’aides à la personne (qui ne prennent pas en compte l’aménagement des espaces privés et publics).
La question est de savoir quel regard porter sur le logement «ordinaire».
Les personnes aînées sont majoritairement propriétaires, avec une disparité de revenus, mais à forte proportion, de revenus modestes. Elles ont peu de mobilité résidentielle, surtout après 75 ans.
La mobilité résidentielle trop faible ou l’adaptation du logement pas encore généralisée ne permet pas de suivre l’évolution de la fragilité et encore moins de la prévenir.
Comment, donc, transformer progressivement le lieu de vie à partir duquel les aînés rayonnent, en un lieu de vie qui deviendra un repli confortable et sécurisé au moment de la vieillesse ?
Nous pouvons penser que l’impréparation et l’insuffisance de l’interpellation collective, qui nous confrontent à des situations difficiles, vont évoluer avec les babys boomers, témoins du grand âge de leurs parents.
L’anticipation, l’adaptation du cadre de vie, l’interpellation des élus de cette génération, plus familière des nouvelles communications et de leur utilisation, vont solliciter cette articulation indispensable entre solidarité publique et solidarité privée.
D’ailleurs, à l’instar du plan 2 de développement des services à la personne du 24 mars 2009, qui permet au CESU1 de financer « internet pour tous » pour les seniors, les Nouvelles Technologies au sens large s’ouvrent à un usage domestique.
Les NTIC2 auront un rôle multiple : réduire la fracture en maintenant le contact avec la famille, développer les engagements associatifs en intégrant les standards de la normalité (être dans son époque) mais aussi organiser des services d’assistance, d’alerte et de prévention par la transmission instantanée d’informations diverses et choisies. Les nouvelles technologies investissent dans le nouveau marché des seniors, leur développement permettra d’en maîtriser les coûts et d’équiper le secteur de l’habitat abordable, privé ou public.
Le CESE3 dans son rapport Seniors et Cités (2009) rappelle que le logement joue un grand rôle dans les différences observées en matière d’espérance de vie.
Habitat et logement deviennent des éléments clés pour que les retraités conservent le plus longtemps possible leur autonomie, lorsque les frontières traditionnelles marquant les cycles de vie s’estompent.
Au-delà des enjeux quantitatifs, liés aux classes d’âge, la réponse collective à offrir consiste à donner aux personnes âgées les moyens de rester dans le logement au prix d’une adaptation progressive ou emménager ailleurs, en application du principe de « libre-choix ».
Pouvoir exercer ce libre-choix amène à aborder les sujets des revenus, des risques, du champ opérationnel de l’action d’adaptation, de la coordination opérationnelle des politiques et de la structure de l’offre d’activités et d’emplois qu’ouvre cette nouvelle dimension.
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