I – Les enjeux du défi démographique pour l’habitat

L’allongement de la durée de la vie est répertorié comme l’un des enjeux des sociétés contemporaines. Une génération intermédiaire se crée et se structure entre la cessation d’activité et la vieillesse qui n’apparaît qu’au grand âge.

Comme surpris par cette tendance sociodémographique, les pays européens tardent à adapter leurs politiques, centrées sur la gérontologie et ses prolongements sanitaires.

Cependant l’observation force à constater que vieillir n’est plus synonyme de dépendance ou de handicap. C’est pourquoi plusieurs rapports insistent sur l’effet néfaste pour la prévention, du cloisonnement des acteurs entre santé et médico-social d’une part et acteurs de l’habitat, d’autre part.

Une tension se crée entre les différents champs de la protection sociale : la retraite, le traitement des risques (maladie, vieillesse), les politiques de l’habitat (actuellement insuffisantes pour permettre un traitement de masse), les politiques d’aides à la personne (qui ne prennent pas en compte l’aménagement des espaces privés et publics).

La question est de savoir quel regard porter sur le logement «ordinaire».

Les personnes aînées sont majoritairement propriétaires, avec une disparité de revenus, mais à forte proportion, de revenus modestes. Elles ont peu de mobilité résidentielle, surtout après 75 ans.

La mobilité résidentielle trop faible ou l’adaptation du logement pas encore généralisée ne permet pas de suivre l’évolution de la fragilité et encore moins de la prévenir.

Comment, donc, transformer progressivement le lieu de vie à partir duquel les aînés rayonnent, en un lieu de vie qui deviendra un repli confortable et sécurisé au moment de la vieillesse ?

Nous pouvons penser que l’impréparation et l’insuffisance de l’interpellation collective, qui nous confrontent à des situations difficiles, vont évoluer avec les babys boomers, témoins du grand âge de leurs parents.

L’anticipation, l’adaptation du cadre de vie, l’interpellation des élus de cette génération, plus familière des nouvelles communications et de leur utilisation, vont solliciter cette articulation indispensable entre solidarité publique et solidarité privée.

D’ailleurs, à l’instar du plan 2 de développement des services à la personne du 24 mars 2009, qui permet au CESU1 de financer « internet pour tous » pour les seniors, les Nouvelles Technologies au sens large s’ouvrent à un usage domestique.

Les NTIC2 auront un rôle multiple : réduire la fracture en maintenant le contact avec la famille, développer les engagements associatifs en intégrant les standards de la normalité (être dans son époque) mais aussi organiser des services d’assistance, d’alerte et de prévention par la transmission instantanée d’informations diverses et choisies. Les nouvelles technologies investissent dans le nouveau marché des seniors, leur développement permettra d’en maîtriser les coûts et d’équiper le secteur de l’habitat abordable, privé ou public.

Le CESE3 dans son rapport Seniors et Cités (2009) rappelle que le logement joue un grand rôle dans les différences observées en matière d’espérance de vie.

Habitat et logement deviennent des éléments clés pour que les retraités conservent le plus longtemps possible leur autonomie, lorsque les frontières traditionnelles marquant les cycles de vie s’estompent.

Au-delà des enjeux quantitatifs, liés aux classes d’âge, la réponse collective à offrir consiste à donner aux personnes âgées les moyens de rester dans le logement au prix d’une adaptation progressive ou emménager ailleurs, en application du principe de « libre-choix ».

Pouvoir exercer ce libre-choix amène à aborder les sujets des revenus, des risques, du champ opérationnel de l’action d’adaptation, de la coordination opérationnelle des politiques et de la structure de l’offre d’activités et d’emplois qu’ouvre cette nouvelle dimension.

1 Chèque Emploi Service Universel
2 Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
3 Comité Economique, Social et Environnemental
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A – les domiciles : les chantiers de l’adaptation

Entre 300 et 400 000 logements neufs environ sont construits chaque année, et le parc existant quant à lui est de l’ordre de 32 millions de logements1. La juxtaposition des deux nombres serait suffisante pour montrer que toute action qualitative en faveur du logement ne peut passer que par une politique active en faveur de …

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B – Les revenus : vers la fin d’une parenthèse heureuse

Pour prendre en compte l’adaptation de l’habitat au vieillissement, on ne peut se satisfaire d’exposer un choix entre la stratégie de la spécialisation, l’entre-soi, le concept de Sun City1 et la stratégie de la dispersion, c’est-à-dire l’intégration au quartier, à la ville, à son environnement. Par la diversité des situations personnelles de cette population, désormais …

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C – Les risques : la prévention de la fragilité

Ni dogme, ni fin en soi, vieillir à domicile s’inscrit dans une perspective globale. Pourtant, les politiques publiques de la vieillesse sont encore très marquées par une conception médicale centrée sur le handicap ou la perte d’autonomie presque comme des synonymes. En conséquence, elles sont trop peu coordonnées et pas assez préventives. Pourtant, désormais, un …

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D – De la vieillesse au vieillissement : construire la coordination

Le 20e siècle nous renvoie une image régressive de la vieillesse. Il faut dire que l’approche sémantique n’est pas valorisante : l’état de la vieillesse, la dépendance des personnes âgées, les « places » d’hébergement ou de maisons de retraite, (ajouté au relais médiatique de la maltraitance). Tout cela n’est guère encourageant. Considérée au travers …

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E – L’adaptation de l’habitat : un gisement d’activités et d’emplois à valoriser

Pour terminer le tour d’horizon des enjeux qui se dessinent autour de l’adaptation de l’habitat, l’activité et l’emploi seront brièvement abordés. Tout a été dit sur la démographie, le soin à apporter à la génération intermédiaire, les revenus, les risques, ce grand chantier qui s’ouvre à nous pour repenser notre mode de vie et nos …

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F – A l’exposé des enjeux, multiples, une question reste en suspens : à quel âge « on est vieux ? ».

Pour commencer un cycle de conférences sur le vieillissement et le logement1, le CECODHAS2 et la Fédération des ESH ont confié à Opinion Way3 (annexe 2-3) le soin de poser cette question aux « opinions publiques » de trois pays : la Grande-Bretagne, la France et l’Espagne. A la question, « à partir de quel …

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