Articles dans la catégorie : Revue de presse


mai 07 2010

Chantier Jeunes VVV

« Le chantier jeune, une expérience comme je les aime. Deux équipes de 5 jeunes, qui ont travaillé et ont su garder le sourire, un encadrant qui a le savoir-faire pour donner l’amour des jeunes au travail et un jaune flamboyant qui donne toute la joie à ce local. »

Le “chantier jeunes” dans la presse :

Les jeunes ont livré le chantier rue des Remparts – Sud-Ouest
Ciliopée et les jeunes – Petit Bleu – La Dépêche


avr 28 2010

« Le champ de bataille est toujours le corps féminin »

Article paru le 18/12/2009 sur Le Point :

Henry Laurens, historien du monde arabe et professeur au Collège de France, appelle à la prudence face à l’islam.
Propos recueillis par Catherine Golliau

Henry Laurens, Le Point : En tant que spécialiste du monde musulman, comment jugez-vous le débat sur l’identité ?

Henry Laurens : Nous sommes face à un changement de définition de l’espace public. Au lendemain de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, le Conseil d’Etat a autorisé les catholiques à organiser des processions dans la rue, considérée comme un espace partagé, mais a interdit les crucifix dans les tribunaux, espace régalien, celui de l’Etat. Aujourd’hui, nous avons tendance à confondre espace public et espace partagé. L’Etat a le droit d’interdire à une jeune fille de porter un voile dans un lycée, car c’est un espace régalien. Mais dans la rue, dans les cafés, des espaces partagés, il ne peut évidemment en être de même.

Mais les minarets ?

La règle est que nous les acceptons comme symbole religieux, mais qu’en soit interdite la fonction : l’appel public à la prière.

Mais les cloches des églises sonnent. L’acceptez-vous parce la France est de culture chrétienne ?

Les cloches ont été laïcisées depuis qu’elles servent à marquer l’heure légale. Quant à l’Histoire, « elle n’est pas notre code », a dit le révolutionnaire Rabaut-Saint-Etienne lors des débats de la Constituante : elle ne doit pas guider notre conduite. La notion de « racines chrétiennes de l’Europe » n’est qu’une création récente : pour les Lumières, nous étions les descendants de Rome et de la Grèce. Pour Condorcet, le mouvement de l’Histoire était celui de la libération de la religion. Il aurait été absurde pour les pères fondateurs de la IIIe république de faire référence au christianisme ! Reconnaître la généalogie judéo-chrétienne de l’Europe est certes essentielle pour lutter contre l’antisémitisme implicite du christianisme, mais, comme toute généalogie, elle est par ailleurs exclusive. En l’adoptant, on fait passer à la trappe l’importance du couple Grèce-Rome, fondamental pour la conception de la République française. Et les musulmans ne s’y sont pas trompés : ils nous ont accusés de vouloir les exclure. La culture islamique s’est nourrie en effet de sources grecques.

Faut-il pourtant voir en l’Islam le seul transmetteur à l’Occident des textes antiques, comme certains le soutiennent ?

Il faut se méfier d’une vision finaliste de l’Islam dont on ferait un transmetteur de civilisation pour l’Europe. Ce serait conditionner la pensée islamique en fonction de la pensée européenne. En fait, l’Europe s’est inspirée de certains contenus intellectuels venus de l’Islam, comme les commentaires d’Averroès sur Aristote. Mais les Arabes ne les ont pas produits pour nous…

Mais comment expliquer le décalage culturel entre l’Occident et l’Islam en tant que civilisations productrices de savoir ?

La pensée s’exprime en fonction de ses modes de production. Il est légitime de comparer les pensées médiévales islamique et européenne, car elles s’expriment dans le même type de support, le manuscrit. A partir du XVe siècle, quand l’Europe passe à l’imprimerie, on n’est plus dans le même univers mental ni dans le même rythme d’accumulation des connaissances. Ainsi, l’Europe commence à imprimer des livres en arabe dès le XVIIe siècle, mais les mêmes ne le seront dans l’Empire ottoman que deux siècles plus tard. L’Islam est resté jusqu’à la fin du XVIIIe siècle dans une culture du manuscrit. Seuls sont recopiés les textes considérés comme importants et le savoir est réservé à une élite. L’Islam chiite va continuer à produire de grands penseurs, notamment du XVIe au XVIIIe siècle, mais, du fait de cette culture du manuscrit, ils sont peu connus. Même si des orientalistes les ont étudiés, ils ne font pas partie de notre généalogie intellectuelle.

Ce retard technique explique-t-il l’absence d’une véritable lecture critique des textes religieux ?

D’une certaine manière, oui. L’imprimé, parce qu’il permet la production de masse, favorise la comparaison et la critique. Au début du XXe siècle, durant ses études à Qom, en Iran, le futur imam Khomeyni s’imprégnera de la lecture des néo-platoniciens grecs, en particulier le pseudo-Aristote : des textes dont l’Occident savait depuis des lustres qu’ils avaient été faussement attribués à Aristote… Les Iraniens utilisaient une tradition manuscrite qui ignorait les travaux européens depuis la Renaissance.

Pourtant, au XIXe siècle, et principalement en Egypte, l’Islam a connu une véritable révolution intellectuelle avec la « Nahda », la « renaissance », ce mouvement réformateur qui suit la conquête coloniale…

C’est alors justement que la société islamique bascule dans l’imprimé. On redécouvre le patrimoine intellectuel, on imprime les grands classiques, Averroès, Avicenne, Ibn Arabi… On adapte les acquis de la culture européenne en fonction de l’héritage intellectuel musulman. Mais c’est aussi à partir de là que certains veulent réformer l’islam pour revenir à l’esprit des anciens, et non à la lettre. Ce mouvement dit salafiste va s’inspirer du modèle de la réforme protestante.

Pourquoi ?

Le protestantisme est plus proche de l’islam que le catholicisme. Au XVIe, d’ailleurs, les catholiques traitent le protestantisme de « turco-calvinismus », du fait de son iconophobie. L’une et l’autre ne croient pas en la sacralité des prêtres : le pasteur comme l’ouléma n’est qu’un maître en science religieuse. Ils ont aussi une approche très libérale de l’argent et n’ont rien contre le commerce. Il faut se réaliser sur terre. Des études montrent ainsi que les téléprédicateurs égyptiens ne sont pas très différents des téléprédicateurs protestants américains.

Et avec les nouveaux médias les musulmans peuvent aussi se passer des exégètes…

Oui, chacun peut prendre un Coran et dire ce qu’il veut. Mais les médias de masse sont arrivés en Islam dans des pays où beaucoup étaient encore peu ou pas alphabétisés : l’exégèse a décliné et l’approche littéraliste, brute de décoffrage, s’est développée. Un musulman « littéraliste » comme un islamophobe peuvent avoir la même approche. L’un justifiera la guerre sainte au nom du Coran, l’autre rejettera l’islam à cause d’elle…

Péché d’ignorance…

De fait, on connaît mieux en France l’islam que le christianisme. Le niveau de culture chrétienne de l’étudiant standard en France est quasi nul, de sorte que notre patrimoine occidental n’est plus lisible. C’est d’ailleurs cela qui nous gêne dans l’islam : il existe ! Les Européens qui ont l’impression d’avoir rendu la religion inoffensive ont face à eux un islam qu’ils ressentent comme étant encore à l’état sauvage.

Le traitement de la femme n’incite pas à parler de civilisation…

Le champ de bataille religieux est toujours le corps féminin. Si l’Occident peut se permettre de dévoiler ses femmes, c’est parce qu’elles ont justement domestiqué la religion. Si les bonnes catholiques vont à la messe, elles n’admettent pas que le pape leur interdise l’usage de la pilule. Mais, en Islam, les premières à défendre le voile, ce sont généralement les filles. Il existe une relation complexe au niveau anthropologique entre le religieux et le féminin. Le judaïsme orthodoxe a ainsi le même rapport à la femme que l’islam orthodoxe, et rappelez-vous Tartuffe…

Vous relativisez beaucoup…

C’est essentiel. Le discours sur l’islam est confus, parce que sa réalité est complexe. Pour les religieux et les autorités administratives, il n’est qu’un Islam, unique partout dans le monde, mais il existe une différence considérable entre un musulman arabe, africain ou européen. On ne peut réduire les sociétés musulmanes à l’islamisme politique qui s’est développé depuis la révolution iranienne de 1979. Des djihadistes façon Ben Laden sont des nihilistes dont le niveau de culture islamique est à peu près égal à zéro. Il faut relativiser. Dans les années 70, mes maîtres croyaient dur comme fer que le croyant cédait la place au citoyen. Et est arrivée la révolution islamique ! Ne faisons pas la même erreur en voyant définitivement des islamistes partout.


fév 08 2010

Indiscrétion

L’expertise de Muriel Boulmier
Directrice générale du groupe Ciliopée, les compétences de Muriel Boulmier sont reconnues au plus haut niveau. Ainsi, suite à un rapport sur ” L’adaptation de l’habitat au défi de l’évolution démographique : un chantier d’avenir “, une nouvelle mission vient de lui être confiée par le secrétariat d’état au Logement et à l’Urbanisme.

Paru le 23 Janvier 2010 dans le Sud Ouest.


jan 05 2010

La France, championne d’Europe des centenaires

Le Journal du Dimanche du 3 janvier a consacré deux pages dynamiques au vieillissement de la population française. Phénomène européen, la France est tête de liste des pays qui compte le plus de centenaires. Être heureux en vieillissant signifie anticiper cette révolution démographique.

Les trois révolutions du vieillissement :

  • réformer le système de retraites : Oui dit le JDD. Un centenaire passe aujourd’hui quarante ans de sa vie à la retraite… Repenser la qualité de vie au travail est une condition de vie essentielle pour travailler plus longtemps.
  • Mais … préparer sa carrière de retraité aussi. Hors de question de se retrouver sans projet après le pot de départ du bureau. Pour être réussie, une « carrière » de retraite doit être préparée.
  • Et … inventer une protection sociale pour les plus âgés. Le débat sur la dépendance en 2010 ? Serpent de mer depuis les années 1960, la réforme n’est pas encore sur pied, mais elle est promise !

Les grands relais d’opinion prennent en compte la révolution de l’âge, ils donnent une résonance au phénomène.

Lorsque j’avais observé que le temps d’inactivité serait au moins équivalent au temps d’activité, j’ai proposé que les jeunes séniors puissent bénéficier de leur expérience pour inventer avec eux les nouveaux métiers.

En outre, le JDD interviewe 3 centenaires : un véritable bonheur, un hymne à la vie !


Lire l’article complet du JDD.


jan 04 2010

Les « Fées du sport » roulent à bicyclette

Les «Fées du sport» ont livré leurs bicyclettes. Photo DDM,

Association. Elles récupèrent des vieux vélos et les redistribuent à des femmes et des enfants.

Un enfant heureux ne dit pas grand-chose. Il ouvre grand ses yeux et son visage illumine la pénombre d’une fin de journée d’hiver par un sourire majuscule. Un enfant heureux dit quand même merci. Et se prend à rêver de balade sur sa nouvelle bicyclette. Ne dites pas, par contre, à Muriel Boulmier que ces vélos, là, sont des bicyclettes d’occasion. « Ce sont des vélos à histoires. » Et d’ailleurs la rénovation est plus que parfaite : les éléments de sécurité sont présents (klaxons, freins, lumière) ; les pneumatiques peuvent repartir pour des milliers de kilomètres sur les routes de Villeneuve. « Notre action au-delà de sa philosophie propre s’inscrit aussi dans le développement durable puisque nous prolongeons la durée de vie de bicyclette et puis dans le social avec un atelier d’insertion qui emploie des personnels pour remettre les vélos en état. » Créée en 2008 l’association « Les Fées du sport » a pour but, « le soutien à la pratique sportive féminine. » Rien à voir quand même avec une structure qui préparerait les femmes de Villeneuve (maintenant) et d’Agen (avant) à la compétition cycliste. « On parle d’activité physique mais aussi de moyen de locomotion peu cher pour les loisirs et… le travail. »

L’association récolte les vélos dans des points d’accueil, « il n’y en a qu’un pour l’instant place de la Cathédrale à Agen nous espérons en ouvrir un deuxième à Villeneuve. Nous y récupérons des vélos non utilisés. » En une année plus de 150 vélos ont été récupérés et reconfigurés grâce à des partenariats avec des entreprises comme GDF ou grâce à La Poste qui recycle ainsi les vieux vélos des préposés au courrier. « Nous avons reçu aussi la Bourse de l’initiative du conseil régional d’Aquitaine. » Après une première distribution à Agen, l’association « Fées du sport » vient de se déplacer à Villeneuve pour remettre plus de 60 bicyclettes. « Comme il y avait plus de 80 demandes, nous avons dû organiser un jury pour choisir les bénéficiaires de l’opération. »

Si les enfants heureux ne disent pas grand-chose, les mamans, heureuses aussi, comprennent tout le sens de l’action des « Fées du sport ». Sûr, ces vélos-là feront l’objet de soins très attentifs.

Article paru le jeudi 25 Décembre 2009 dans LaDépèche.